Les 10 pays qui attirent le plus de retraités dans le monde

les 10 pays qui attirent le plus de retraités

Plus d’un million de retraités français vivent déjà à l’étranger

Au 31 décembre 2025, 1 053 394 retraités du régime général français résident hors de France, soit 6,8 % des 15,5 millions de pensionnés. Ce n’est pas une tendance marginale : c’est un mouvement de fond qui s’accélère.

Si l’on inclut les régimes complémentaires, le chiffre dépasse les 2 millions de personnes qui perçoivent leur pension depuis l’étranger. Et 77 % d’entre eux se concentrent dans seulement six pays : l’Algérie, le Portugal, l’Espagne, l’Italie, le Maroc et la Belgique. La proximité géographique et culturelle reste le premier critère de choix, bien avant la fiscalité avantageuse.

À l’échelle mondiale, les estimations situent entre 15 et 20 millions de retraités ayant quitté leur pays d’origine pour s’installer ailleurs. Selon une étude Remitly / Expat Insider 2025, 34 % des retraités américains envisagent sérieusement de franchir ce pas. Le phénomène n’a rien d’anecdotique.

Quels sont les 10 pays qui attirent le plus de retraités?

Voici les dix destinations qui concentrent le plus grand nombre de retraités étrangers, avec leurs caractéristiques concrètes :

  • Portugal – 159 680 retraités français (régime général, 2024). Classé meilleur pays pour la retraite par Global Intelligence Unit en 2025. Régime fiscal RNH réformé : 10 % pendant 10 ans sur les pensions étrangères. Coût de la vie autour de 1 200 €/mois pour un couple. Idéal pour les retraités cherchant un cadre européen avec un budget maîtrisé.
  • Espagne – 147 966 retraités français (2024). Plus de 300 000 retraités étrangers toutes nationalités confondues. Coût de la vie environ 25 % inférieur à la France. Alicante, Malaga et Valence offrent 300 jours de soleil par an. Profil : retraités actifs recherchant une vie sociale dense et un climat méditerranéen.
  • Grèce – Classée première destination 2026 selon Retraite Plus. Flat tax à 7 % pendant 15 ans sur les retraites privées venant de l’étranger. Coût de la vie parmi les plus bas d’Europe occidentale. Profil : retraités disposant d’une pension correcte et sensibles à l’optimisation fiscale.
  • Panama – Programme Pensionado créé en 1987, revenu minimum requis : 1 000 $/mois (ou 750 $ avec achat immobilier d’au moins 100 000 $). La carte Pensionado donne accès à 50 % de réduction sur les loisirs, 30 % sur les transports. Pas d’impôt sur les revenus de source étrangère. Profil : retraités attirés par l’Amérique centrale et un cadre de vie tourné vers la nature.
  • Maroc – Forte communauté française, notamment à Marrakech, Agadir et Tanger. Coût de la vie très bas : un couple vit confortablement pour 800 à 1 000 €/mois. Convention fiscale franco-marocaine évitant la double imposition. Profil : retraités francophones appréciant la proximité avec la France (3 h de vol).
  • Algérie – Première destination des retraités français à l’étranger en volume, portée par les liens historiques et familiaux. La majorité des retraités concernés sont d’origine algérienne retournant au pays. Coût de la vie très accessible.
  • Italie – Régime fiscal spécifique pour les retraités étrangers s’installant dans les communes du sud de moins de 20 000 habitants : flat tax à 7 % pendant 10 ans. Cadre de vie, gastronomie, patrimoine culturel. Profil : retraités aisés cherchant qualité de vie et douceur du cadre.
  • Belgique – Destination de proximité pour les retraités du nord de la France. Convention fiscale favorable, système de santé de qualité équivalente à la France. Pas de dépaysement culturel ni linguistique majeur.
  • Thaïlande – Visa retraite (Retirement Visa) accessible dès 50 ans, avec justification d’environ 800 000 bahts sur un compte local (environ 21 000 €). Coût de la vie à Chiang Mai ou Hua Hin nettement inférieur à Bangkok. Communauté d’expatriés très structurée. Profil : aventuriers du quotidien prêts à gérer un décalage culturel réel.
  • Costa Rica – Programme Rentista ou Pensionado à partir de 1 000 $/mois de pension garantie. Pas d’impôt sur les revenus étrangers. Cadre naturel préservé, infrastructures médicales correctes dans la vallée centrale. Profil : retraités actifs appréciant la nature et un mode de vie décontracté.

Quelle fiscalité s’applique à votre pension selon le pays choisi?

La fiscalité est souvent le premier argument avancé – et le moins bien compris. Voici ce que vous devez réellement savoir avant de choisir votre destination.

Au Portugal, le régime RNH (Résident Non Habituel) a été profondément modifié en avril 2024. L’exonération totale sur les pensions étrangères n’existe plus. Le nouveau taux est de 10 % pendant 10 ans, ce qui reste attractif mais doit être comparé à votre tranche marginale française actuelle.

La Grèce offre aujourd’hui le régime le plus agressif d’Europe : une flat tax à 7 % pendant 15 ans sur les retraites privées étrangères. Pour une pension nette de 1 800 €/mois, le gain annuel par rapport au taux marginal français de 30 % représente entre 4 000 et 5 000 €. Sur 15 ans, cela dépasse 60 000 € d’économie cumulée.

L’Italie propose un mécanisme comparable pour ses communes du Sud : 7 % pendant 10 ans, à condition de s’installer dans un village de moins de 20 000 habitants hors des grandes métropoles. Le paysage rural de certaines régions méditerranéennes comme la Calabre ou la Sicile intérieure attire des profils de plus en plus jeunes à la retraite.

Le Panama et le Costa Rica appliquent un principe différent : les revenus de source étrangère (dont votre pension française) ne sont tout simplement pas imposés localement. Vous payez l’impôt en France selon la convention bilatérale en vigueur – vérifiez-la avant tout départ.

Quel budget prévoir pour vivre confortablement dans ces pays?

Voici un comparatif des budgets mensuels estimés pour un couple, hors frais exceptionnels :

Pays Budget mensuel couple Pension minimum conseillée
Portugal 1 200 € 1 500 €/mois
Espagne 1 400 € 1 700 €/mois
Grèce 1 100 € 1 400 €/mois
Maroc 900 € 1 100 €/mois
Panama 1 100 $ (1 000 $/mois requis) 1 000 $/mois minimum
Italie (Sud) 1 300 € 1 600 €/mois
Thaïlande 900 € 1 100 €/mois
Costa Rica 1 100 $ 1 000 $/mois minimum

L’Espagne reste 25 % moins chère que la France en moyenne, mais les zones touristiques comme la Costa del Sol s’alignent progressivement sur les prix européens. Benidorm, souvent caricaturée, offre en réalité un rapport qualité-prix correct hors saison estivale, notamment pour les logements longue durée.

Ce que les retraités expatriés ne voient pas venir avant de partir

Le premier angle mort, c’est la couverture santé. Quitter la France signifie sortir du régime général de l’Assurance Maladie, sauf si vous êtes affilié à la CFE (Caisse des Français de l’Étranger). Cette cotisation volontaire coûte entre 2 000 et 3 500 €/an selon votre âge – un poste souvent sous-estimé dans les projections budgétaires.

La stabilité fiscale est une illusion dans plusieurs pays. Le Portugal en est l’exemple le plus récent : l’exonération totale sur les pensions étrangères, qui avait attiré des milliers de retraités européens, a été supprimée en 2024. Ceux qui avaient organisé leur patrimoine autour de ce régime se retrouvent avec un taux de 10 % à intégrer rétroactivement dans leur calcul.

L’isolement social frappe plus vite qu’on ne l’anticipe, surtout sans réseau préexistant. Rejoindre une communauté d’expatriés n’est pas toujours suffisant si vous ne parlez pas la langue locale. En Thaïlande ou au Costa Rica, la barrière linguistique limite concrètement votre accès aux soins, aux démarches administratives et aux relations de voisinage.

Enfin, certains avantages sociaux français ne suivent pas. Le minimum vieillesse (ASPA) n’est versé qu’aux personnes résidant en France. Les aides au logement, certaines exonérations de taxe foncière et d’autres dispositifs locaux disparaissent dès lors que vous changez de résidence fiscale. Partir à l’étranger, c’est arbitrer entre un gain fiscal potentiel et une protection sociale qui se réduit. Faire les deux colonnes honnêtement avant de signer un bail à Lisbonne ou à Athènes, c’est le minimum.