Villes les plus dangereuses de France en 2025 : le classement par taux de criminalité

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En 2025, Bordeaux occupe la première place du classement des villes françaises les plus dangereuses, avec 95,05 infractions pour 1 000 habitants (25 220 faits enregistrés pour 265 328 habitants), selon les données relayées par ville-data.com à partir du SSMSI. Grenoble suit à 93,9 pour 1 000, Lille complète le podium. Paris, avec plus de 259 000 infractions en volume brut, ne se classe qu’en sixième position une fois rapporté à sa population.

Ce décalage entre volume et taux est le premier réflexe à corriger avant de lire ce classement.

Le top 10 en chiffres

Le tableau ci-dessous rassemble les villes pour lesquelles des données sont disponibles dans les sources consultées. Les données couvrent l’année 2024, publiées en 2025.

Rang Ville Infractions Population Taux pour 1 000 hab.
1 Bordeaux 25 220 265 328 95,05
2 Grenoble – – 93,9
3 Lille 21 126 238 000 ~88,8*
4 Rouen 10 079 116 331 86,6
5 Lyon 43 862 520 774 84,2
6 Paris 259 000+ ~2 100 000 non communiqué
10 Marseille 64 479 877 215 73,5

*Taux de Lille calculé à partir des données de la source : 21 126 ÷ 238 000 × 1 000 = 88,8. Les rangs 7 à 9 ne figurent pas dans les sources consultées.

Bordeaux détrône Lille, qui occupait la première place depuis plusieurs années. Ce retournement illustre que le classement bouge chaque année : une ville peut progresser ou reculer selon l’évolution de ses faits enregistrés et de ses variations de population.

Ce que le taux pour 1 000 habitants mesure réellement

Le taux est calculé en divisant le nombre de faits enregistrés par la police et la gendarmerie par la population de la commune, puis en multipliant par 1 000. Il corrige le biais de taille : Marseille accumule 64 479 infractions contre 25 220 à Bordeaux, mais sa population est 3,3 fois plus grande, ce qui abaisse mécaniquement son taux.

Deux limites méritent d’être gardées en tête. D’abord, seuls les faits déclarés et enregistrés entrent dans le calcul – les infractions non signalées (souvent les vols mineurs ou les violences intrafamiliales) restent hors périmètre. Ensuite, le taux est calculé à l’échelle de la commune entière, sans distinguer les quartiers : un arrondissement calme et un secteur à forte activité délictuelle pèsent dans le même chiffre.

Taux élevé ne veut pas dire même risque pour tout le monde

Le taux agrège des infractions très différentes : vols à la tire, violences intrafamiliales, trafics de stupéfiants, violences physiques. Pour un voyageur, ces catégories n’ont pas du tout le même impact. Un taux élevé dominé par des trafics de quartier ou des violences au sein des ménages n’augmente pas l’exposition d’un touriste qui fréquente les musées et les restaurants du centre-ville. Un taux élevé tiré par les vols en transport ou en zone touristique, lui, concerne directement le visiteur.

Les tendances nationales 2024 vont dans ce sens : selon le ministère de l’Intérieur, les vols sont en baisse générale, mais les violences intrafamiliales et les délits liés aux stupéfiants progressent. Ces deux dernières catégories affectent peu les touristes de passage – elles pèsent pourtant sur le taux global d’une ville.

Marseille illustre ce décalage. La ville se classe 10e avec un taux de 73,5 pour 1 000 – loin derrière Bordeaux ou Grenoble. Son image de ville dangereuse tient moins au rang dans ce classement qu’à la nature de certaines infractions : règlements de compte liés aux trafics, concentrés dans des quartiers précis, sans lien direct avec les zones fréquentées par les visiteurs. Le taux agrégé ne reflète pas cette gravité spécifique – c’est précisément sa limite.

Paris fonctionne en sens inverse : le volume brut (plus de 259 000 infractions) est le plus élevé de France et peut inquiéter, mais la densité de population ramène le taux relatif à un niveau bien inférieur au podium. La ville a par ailleurs reculé de trois places au classement, ce qui coïncide avec le renforcement sécuritaire mis en place pour les Jeux Olympiques 2024 – une interprétation plausible, mais pas confirmée officiellement.

Avant un séjour, les deux questions utiles sont donc : quels types d’infractions tirent le taux de ma destination vers le haut, et dans quel quartier vais-je séjourner ? Ce sont ces deux variables qui déterminent le niveau de vigilance à adopter, bien plus que le rang d’une ville dans un classement national.