Almas Tower : hauteur exacte, chiffres officiels et comparaisons

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Depuis le sol de Jumeirah Lake Towers, Almas Tower tranche sur le ciel de Dubaï avec une flèche qui dépasse la Tour Eiffel de plusieurs dizaines de mètres. Pourtant, selon la source que vous consultez, sa hauteur varie de 279 à 363 mètres – un écart de plus de 80 mètres qui mérite une explication précise.

Les chiffres de hauteur d’Almas Tower selon les mesures retenues

Trois valeurs coexistent dans les bases de données architecturales, et elles ne mesurent pas la même chose. Voici comment les lire correctement.

Point de mesure Hauteur en mètres Hauteur en pieds
Flèche / antenne 360 à 363 m 1 181 à 1 191 ft
Toiture structurelle 306,36 m 1 005,1 ft
Dernier étage habitable 279,3 m 916 ft

La valeur de 363 mètres inclut la flèche architecturale qui couronne la tour, un élément non occupé. Les organismes spécialisés comme le Council on Tall Buildings and Urban Habitat mesurent généralement jusqu’à la toiture structurelle, soit 306,36 mètres. Le chiffre de 279,3 mètres correspond au plancher du dernier niveau utilisable.

La divergence entre 360 et 363 mètres tient aux méthodes d’instrumentation et aux parties de l’antenne prises en compte. Pour une comparaison rigoureuse entre gratte-ciels, retenez la hauteur toiture – 306,36 mètres ou 1 005 pieds. Pour une image concrète de ce que vous verriez depuis le sol, le chiffre de 360-363 mètres donne la mesure la plus parlante.

À titre de repère, la Tour Eiffel culmine à 324 mètres avec son antenne. Almas Tower la dépasse donc de 39 mètres dans sa version la plus haute – un fait que les agences touristiques locales aiment rappeler, et qui donne effectivement l’échelle de ce que vous avez devant les yeux dans le quartier de JLT.

Almas Tower est-elle plus haute qu’One 57?

La réponse est oui, et l’écart est net. Almas Tower mesure 360 mètres (1 180 pieds) jusqu’à sa flèche, contre 306 mètres (1 005 pieds) pour la toiture d’One57 à New York – soit 54 mètres de différence, ou environ 176 pieds.

Les deux tours n’ont cependant pas grand-chose en commun au-delà de la hauteur. One57, achevée en 2014 sur la 57e Rue à Manhattan, compte 73 étages et deux niveaux souterrains. Elle abrite principalement des appartements résidentiels de luxe – une unité s’y est vendue 100,5 millions de dollars, un record new-yorkais au moment de la transaction. Almas Tower, elle, est entièrement dédiée aux bureaux.

Si vous comparez la hauteur de toiture à hauteur de toiture, l’écart reste en faveur d’Almas Tower : 306,36 mètres contre 306 mètres pour One57 – à peine 36 centimètres de différence sur ce seul critère. C’est sur ce point que certaines sources présentent les deux tours comme quasi-équivalentes. Mais dès qu’on intègre la flèche d’Almas Tower, la tour de Dubaï s’impose clairement.

One57 a coûté 1,5 milliard de dollars américains à construire. Almas Tower a nécessité 3,6 milliards de dirhams des Émirats arabes unis – soit environ 980 millions de dollars au taux de construction. Les deux projets appartiennent à des logiques urbaines très différentes : résidentiel ultra-premium à New York, hub d’affaires à Dubaï.

Conception et construction : les grandes étapes du projet

Le chantier a démarré le 29 mars 2006, sous la maîtrise d’ouvrage du Dubai Multi Commodities Centre (DMCC). L’architecte retenu, Atkins Middle East – bureau britannique implanté à Dubaï – a conçu une tour au profil effilé, caractéristique des gratte-ciels de bureaux premium construits à cette époque dans le Golfe.

La structure compte 68 étages hors sol et 5 niveaux souterrains, pour une surface totale de 160 000 mètres carrés. Le gros œuvre a été achevé le 15 novembre 2008, et la tour a ouvert officiellement le 12 janvier 2009 – un calendrier de moins de trois ans, rapide pour un édifice de cette taille.

Côté équipements, 35 ascenseurs à moteurs multi-vitesses ont été installés pour gérer les flux verticaux. Sur 68 étages, la distribution des temps d’attente représente un défi logistique réel, et le choix de moteurs multi-vitesses permet d’adapter la vitesse aux zones desservies – lents dans les premiers étages, plus rapides vers le sommet.

Le coût total du projet s’élève à 3,6 milliards de dirhams des Émirats arabes unis. À l’époque de la livraison, Almas Tower était le bâtiment le plus haut de Dubaï – un titre qu’elle n’a conservé que quelques mois avant d’être dépassée par le Burj Khalifa, inauguré en janvier 2010.

Almas Tower domine-t-elle encore le skyline de Dubaï?

Depuis 2010, la réponse est non. Le Burj Khalifa à 828 mètres a relégué Almas Tower loin derrière lui, et d’autres tours ont suivi. En 2025, Almas Tower occupe la 8e place dans le classement des immeubles les plus hauts de Dubaï, et la 74e mondiale – des positions honorables pour une tour de bureaux, mais loin du record qu’elle détenait brièvement.

Ce classement ne dit pas tout de son poids réel dans la ville. La tour héberge le siège du DMCC, la plus grande zone franche de Dubaï, et accueille plus de 26 000 entreprises membres en 2025. Des sociétés spécialisées dans les matières premières, l’or, les diamants et les produits agricoles y ont leur adresse officielle – ce qui fait d’Almas Tower l’un des centres de gravité du commerce international dans la région.

Son quartier, Jumeirah Lake Towers, s’est densifié autour d’elle depuis sa construction. Depuis le métro de la ligne rouge, station DMCC, vous voyez sa silhouette dominer les tours voisines – elle reste le point de repère le plus visible du secteur, même si le Burj Khalifa la surplombe à plusieurs kilomètres de distance.

À 360 mètres, Almas Tower n’est plus un record. Elle est devenue quelque chose de plus durable : une adresse qui pèse dans les transactions mondiales, plantée dans un quartier d’affaires qui n’existait pas il y a vingt ans.